Sir John A. Macdonald – Vie personnelle et politique

Jeunesse et études

Photo noir et blanc de rue étroite avec les maisons en rangée de chaque côté et des lanternes accrochées aux bâtiments, Glasgow, Écosse
Glasgow, Écosse
Source : © Bibliothèque et Archives Canada

Jeunesse

Fils de Hugh et d’Helen Macdonald, John A. Macdonald naît en Écosse le 11 janvier 1815. En 1820, la famille immigre au Canada et s’installe à Kingston, où elle a de la parenté. Macdonald a un frère, qui meurt en 1822, et deux sœurs, Margaret et Louisa. Hugh Macdonald tient un magasin général à Kingston pendant plusieurs années, puis déménage à Hay Bay, un petit village à l’ouest de Kingston. Il exploite ensuite une minoterie à Glenora, dans le comté de Prince Edward, où la famille vivra pendant 10 ans.

Études

Vue aérienne en noir et blanc sur les toits de la ville. Kingston, Haut-Canada
Kingston, Haut-Canada
Source : © Bibliothèque et Archives Canada

Dans les années 1820, avec ses 3 000 résidants, Kingston est l’un des principaux établissements du Haut-Canada et possède les meilleures écoles de la région. À 10 ans, Macdonald retourne donc à Kingston, où il est pensionnaire et fréquente l’école primaire. Macdonald n’a que 15 ans lorsqu’il quitte l’école pour commencer ses études de droit. Pendant cinq ans, Il travaille dans le cabinet d’un éminent avocat de Kingston, George Mackenzie, et à 20 ans, il se qualifie aux examens et ouvre son propre cabinet.

Le jeune avocat

Photo noir et blanc d’une maison à deux étages en pierre calcaire à côté d’une clôture et des arbres
110-112 rue Rideau, Kingston
Source : Bibliothèque et Archives Canada / C-004508

Au cours des années où il établit sa pratique de droit, Macdonald vit avec ses parents et ses sœurs, qui sont retournés à Kingston. À la mort de son père, en 1841, il devient chef de famille et il doit assurer la subsistance des siens. Cette obligation ne lui paraît pas trop lourde, car sa pratique connaît du succès dès le départ et il est un avocat populaire et très occupé.

Le jeune politicien

Portrait de Sir John A. Macdonald debout et faisant signe vers une table
Portrait de sir John A. Macdonald par William Sawyer, 1863
Source : © Parcs Canada

Jeune et ambitieux, Macdonald songe tout naturellement à une carrière politique. En 1843, il est élu conseiller municipal à Kingston. Toutefois, il a déjà des visées plus ambitieuses : il veut représenter Kingston à l’Assemblée législative de la province du Canada.

À l’époque, la province du Canada est une colonie britannique composée du Canada-Ouest et du Canada-Est. Elle couvre le Sud et l’Est de l’Ontario actuel et une partie du Québec, près du fleuve Saint-Laurent. Elle a à sa tête un gouverneur général qui compte sur l’aide d’une Assemblée législative. En 1844, Macdonald présente sa candidature à l’Assemblée législative et l’emporte.

Vie personnelle et familiale

Au moment où il fait son entrée en politique, Macdonald commence sa vie d’homme marié. En 1843, il rencontre et épouse sa première femme, sa cousine Isabella Clark. Heureux au début, leur mariage devient pour Macdonald sa plus grande source de chagrin lorsqu’une mystérieuse maladie débilitante atteint son épouse. Leur vie sera remplie de hauts et de bas durant près de 13 ans, soit jusqu’au décès d’Isabella.

Malgré la maladie, Isabella met au monde en août 1847 l’aîné du couple, un garçon nommé John Alexander qui, malheureusement, mourra à 13 mois. Le couple aura un deuxième garçon, Hugh John. Après la mort d’Isabella en 1857, la tante de Hugh veillera à son éducation à la place de sir John, accaparé par ses responsabilités politiques. Hugh John Macdonald deviendra plus tard premier ministre du Manitoba.

Isabella Clark Macdonald
Portrait d'Isabella Clark Macdonald, par William Sawyer, 1852

Macdonald consacre son temps et son énergie à la politique. Cependant, il a accumulé des dettes personnelles et plusieurs des banques dans lesquelles il a investi, personnellement ou au nom de son cabinet d’avocats, font faillite. La mort, en 1864, de son associé de longue date A.J. Macdonnell le laisse seul pour rembourser les dettes de son cabinet au moment où il prépare le terrain en vue de la Confédération.

Le 16 février 1867, Macdonald épouse en secondes noces Susan Agnes Bernard alors qu’il est à Londres pour mettre la dernière main à l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, qui sera à l’origine du Dominion du Canada. Leur fille, Mary, naît avec une malformation et ne connaîtra pas une croissance normale. Cela n’empêchera pourtant pas Macdonald de chérir son unique fille. Mme Macdonald survivra à son mari et deviendra baronne Macdonald d’Earnscliffe.

Plusieurs chercheurs et biographes croient que la légendaire dépendance à l’alcool de Macdonald est une façon de faire face aux malheurs et aux déceptions survenus dans sa vie personnelle. « Les souffrances d’Isabella déchiraient le cœur de Macdonald, écrira Louis J. Flynn, spécialiste de l’histoire de la ville de Kingston. Les parents, accablés de chagrin par le choc de la mort de leur jeune fils, se sont rapprochés à la suite de cette épreuve, mais Isabella est demeurée fragile et chétive... Les réussites politiques de Macdonald n’ont jamais réussi à compenser totalement les échecs et les tragédies de sa vie familiale. »

Lady Susan Agnes Macdonald, assise sur une chaise drapée d’une couverture de plume, tient un éventail.
Lady Susan Agnes Macdonald, épouse de sir John A. Macdonald, janvier 1885
Source: Bibliothèque et Archives/Online MIKAN no. 3486506
Photo d’une grande maison de plusieurs étages située sur une colline, entourée d’arbres sans feuilles.
Villa Bellevue, à Kingston, où sir John A. Macdonald a vécu les premières années de son mariage.
Source : Bibliothèque et Archives/ Online MIKAN no. 3532568
Hugh John Macdonald se trouve sur l’herbe, tenant un chapeau melon
Hugh John Macdonald, 1850-1929, vers 1866
Source : © Bibliothèque et Archives Canada / C-020317

Début de carrière politique

Quand Macdonald devient membre de l’Assemblée législative de la province du Canada, en 1844, celle-ci est un véritable fouillis de groupes politiques. Au Canada-Ouest, on trouve trois groupes : les conservateurs du Pacte des familles, de nouveaux conservateurs modérés, comme Macdonald, et des réformistes. Au Canada-Est, il y a les Rouges radicaux et les Bleus conservateurs. Aucun de ces groupes n’a, à lui seul, assez de députés pour former un gouvernement. Parfois, les réformistes du Canada-Ouest et les Rouges forment une coalition qui leur permet d’obtenir la majorité à l’Assemblée et de former le gouvernement. Parfois, ce sont les conservateurs, les Bleus et quelques réformistes modérés qui s’associent. Comme ces gouvernements de coalition arrivent rarement à conserver bien longtemps le soutien dont ils ont besoin pour rester en place, on doit souvent organiser des élections. Le gouvernement est dans une impasse.

L’étoile politique de Macdonald monte très rapidement. En 1847, on lui offre un premier poste au gouvernement. Par la suite, chaque fois que la coalition qu’il appuie obtient la majorité à l’Assemblée, Macdonald est choisi pour faire partie du Ministère (aujourd’hui, le Cabinet). Un allié politique de l’époque dit de Macdonald qu’il peut abattre plus de besogne que quiconque, et le faire bien. Mais la politique provinciale du temps est très instable et Macdonald est aussi souvent exclu du gouvernement qu’il en fait partie.

Les conférences et la Confédération

Depuis des années, il est question de réunir toutes les colonies britanniques d’Amérique du Nord sous un gouvernement unique. Macdonald n’a jamais été très enthousiaste à cette idée. Il croit que la province du Canada a un bel avenir devant elle même si elle ne s’associe pas à la Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick ou à l’Île-du-Prince-Édouard. Toutefois, la province du Canada est de plus en plus difficile à gouverner. Dans les années 1860, Macdonald en vient à croire qu’il vaudrait mieux, à long terme, diviser la province en deux et donner à chacune des parties un gouvernement distinct, puis se joindre aux autres colonies britanniques pour former un nouveau pays doté d’un gouvernement fédéral.

Les Pères de la Confédération posant devant un bâtiment néoclassique, Î.-P.-É.
Les Pères de la Confédération à Fanningbank, résidence du lieutenant-gouverneur
Source : George P. Roberts / Bibliothèque et Archives Canada / C-000733

En 1864, les provinces maritimes décident d’organiser une rencontre pour discuter de l’union éventuelle de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve. Macdonald demande si des représentants de la province du Canada peuvent participer à la rencontre et si la discussion peut porter sur l’ensemble du Canada. En fin de compte, la conférence de Charlottetown et celle de Québec, tenue un mois plus tard, ont porté sur la création d’une confédération entre toutes les provinces. Les 72 résolutions formulées à Québec allaient devenir la constitution du Canada et faire partie de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, adopté en 1867, à Londres.

Macdonald après la Confédération

En reconnaissance de sa contribution à la création de la Confédération, Macdonald est anobli par la reine Victoria. Il est le premier à occuper le poste de premier ministre du Canada et, de 1867 à sa mort en 1891, il conservera ce poste pendant 19 ans. Ayant joué un rôle majeur dans la naissance du Canada, Macdonald consacre le reste de sa vie à façonner le nouveau pays.

Après la création de la Confédération, Macdonald œuvre à l’expansion des limites du Canada d’un océan à l’autre, à la construction du chemin de fer Canadien Pacifique, à la répression de la rébellion du Nord-Ouest (ou la résistance du Nord-Ouest) et à la mise au point de la Politique nationale.

Un autre grand politicien, sir Wilfrid Laurier, résume ses réalisations comme premier ministre en ces termes : « Quant à sa vie d’homme d’État, elle est écrite dans l’histoire du Canada. On peut dire sans exagération que la vie de sir John A. Macdonald […] est l’histoire du Canada. »

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