En 2015, nous commémorons le 100e anniversaire de la rédaction de Au champ d’honneur et de la deuxième bataille d’Ypres.  Le Lieutenant‑colonel John McCrae a écrit ce poème emblématique le 3 mai 1915 durant la deuxième bataille d’Ypres — la première fois que le gaz a été utilisé dans le contexte de la guerre moderne.

Qui était Lieutenant-colonel John McCrae?

John McCrae

Lieutenant-colonel John McCrae est né à Guelph, en Ontario, le 30 novembre 1872. À l’âge de 15 ans, il est devenu joueur de clairon pour l’Artillerie canadienne de campagne, et à 17 ans, il s’est enrôlé dans l’unité d’artillerie de sa région commandée par son père, le Lieutenant-colonel David McCrae. Il a été commissionné au grade de sous‑lieutenant en 1893, et en 1899, il s’est porté volontaire pour un déploiement avec le second contingent du Canada afin de combattre pendant la guerre d'Afrique du Sud. McCrae a pris sa retraite de l’artillerie au grade de major en 1904.

Après avoir obtenu son baccalauréat ès arts à l’Université de Toronto, McCrae est allé étudier la médecine, et après sa résidence, il a été nommé pathologiste résident à l’Hôpital général de Montréal en 1902. Après avoir fait d’autres études en Angleterre, il est revenu au Canada, puis en 1910, il est devenu le médecin de l’expédition du gouverneur général à la baie d’Hudson.

En septembre 1914, il s’est porté volontaire pour combattre lors de la Première Guerre mondiale.  McCrae a été déployé outre‑mer au sein du premier contingent canadien comme commandant adjoint et chirurgien de la 1re brigade de Morrison, Artillerie canadienne de campagne. En tant que chirurgien, il a assisté des centaines de soldats blessés et mourants.

Le Lieutenant-colonel John McCrae — artilleur, médecin, et poète — rédige Au champ d’honneur le 3 mai 1915 après la mort d’un ami pendant la deuxième bataille d’Ypres, en Belgique. Le poème est publié dans le magazine anglais Punch le 8 décembre la même année. Au champ d’honneur est devenu le symbole des sacrifices consentis de tous les combattants de la Première Guerre mondiale et, plus tard, de la commémoration de toutes les guerres.

Nous nous souvenons...

Une version préliminaire du coquelicot commémoratif - Musée canadien de la guerre

Le coquelicot est devenu un symbole au centre des commémorations d’après‑guerre dans de nombreux pays alliés. Aujourd’hui, Au champ d’honneur continue d’être récité lors des cérémonies du jour du Souvenir tenues au Canada et ailleurs dans le monde. Des millions de Canadiens portent le coquelicot rouge vif pour se rappeler et honorer les milliers de leurs concitoyens canadiens qui ont perdu la vie durant la guerre.

Au champ d’honneur

Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C'est nous qui reposons ici
Au champ d’honneur.

À vous jeunes désabusés
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.

– Adaptation : Major Jean Pariseau

Les Cimetières Flamands

Sous les rouges coquelicots des cimetières flamands,
Qui parmi les rangées de croix bougent dans le vent,
Nous sommes enterrés. Et dans le bleu des cieux,
Les alouettes encore lancent leur cri courageux
Que plus personne n’entend sous le bruit des canons.

Nous sommes morts : il y a à peine quelques jours,
Nous connaissions les joies de la vie, de l’amour,
La fraicheur de l’aurore, les lueurs du ponant.
Maintenant nos corps sans vie reposent en sol flamand.

Nos mains inanimées vous tendent le flambeau :
C’est à vous, à présent, de le tenir bien haut,
De contre l’ennemi reprendre la querelle.
Si vous ne partagez des morts la foi rebelle,
Nos corps ne pourront pas dormir paisiblement
Sous les rouges coquelicots des cimetières flamands.

– Adaptation : J.P. van Noppen (version utilisée par la Légion Royale Canadienne)

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