150 ans sur bobine : le « Canada à l’écran » au TIFF

Canada 150

Préparez votre maïs soufflé! En 2017, le Festival international du film de Toronto (TIFF) présente les plus grandes œuvres canadiennes partout au pays grâce à son projet Signature Canada 150 le « Canada à l’écran ». Dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération, « Canada à l’écran » présente 150 de nos plus grandes œuvres du cinéma et de la télévision. Il peut s’agir de documentaires, d’émissions de télévision et de longs métrages reconnus à l’échelle internationale, ou encore de vidéoclips, de publicités, d’installations, de films d’animation et de courts métrages. Cent cinquante de ces œuvres seront projetées gratuitement partout au pays, puis préservées dans un catalogue numérique, en partenariat avec la Cinémathèque québécoise, The Cinematheque, à Vancouver,et Bibliothèque et Archives Canada. Le directeur et PDG du TIFF, Piers Handling, nous en dit plus.  

Comment le TIFF a-t-il eu l’idée du projet le « Canada à l’écran »?

Nous savions que pour attirer l’attention du public, il fallait faire une « compilation ». Par contre, rassembler 150 films canadiens m'apparaissait comme un projet très ambitieux. Mes coéquipiers ont alors suggéré de ne pas nous limiter aux longs métrages, et plutôt d’élargir la programmation pour inclure des publicités, des vidéoclips, des émissions de télévision et des installations. Nous avons opté pour les 150 œuvres incontournables produites au Canada : 40 longs métrages, 20 documentaires, 10 courts métrages expérimentaux, 10 films d’animation, 10 publicités, 10 vidéoclips et bien plus encore. C’est une liste très emballante!

2167 du projet le « Canada à l’écran » du TIFF

2167 explorera les 150 prochaines années du Canada.

Pour quelle raison, selon vous, le Canada est-il innovateur dans le milieu du cinéma?

Pendant très longtemps, les cinéastes canadiens ont cru qu’ils n’avaient pas leur place dans le monde du long métrage de fiction. C’était une question de ressources, de taille, d’ampleur… et nous sommes si près d’Hollywood. Je crois que nous excellions dans le court métrage, et aussi que les Canadiens sont habitués, culturellement parlant, à travailler en marge. La forme documentaire permettait alors aux Canadiens de créer un sentiment d’identité, de savoir qui ils étaient.

Une partie du « Canada à l’écran »présente le projet de film expérimental « 2167 », qui explore l’avenir du Canada selon une perspective autochtone. Quelle était la source d’inspiration de ce film?

Nous savions très bien que les célébrations du 150e anniversaire de la Confédération et de la naissance du Canada avaient une tout autre signification pour les Autochtones. Nous voulions raconter l’histoire des Autochtones, car pour eux, le 150e n’est pas un anniversaire à célébrer. Le festival imagineNATIVE nous a soumis l’idée d’imaginer de quoi aurait l’air le Canada dans 150 ans. Nous avons trouvé cela génial! Tant d’anniversaires font un retour en arrière et nous ne voulons pas rester complètement accrochés au passé. Nous voulons aussi nous tourner vers l’avenir et faire une place au cinéma contemporain.

Pourquoi le TIFF voulait-il participer à Canada 150?

Les Canadiens en savent généralement si peu au sujet de leur patrimoine cinématographique. C’était donc l’occasion de leur montrer que de merveilleux films ont été réalisés au Canada et qu’ils n’ont rien à envier aux œuvres produites ailleurs dans le monde. En outre, certaines de ces œuvres ont remporté un oscar. Nous sommes des chefs de file au chapitre des documentaires, des films d’animation et des films expérimentaux. Des artistes comme Michael Snow, David Rimmer et Bruce Elder sont reconnus sur la scène internationale; pourtant, la plupart des Canadiens ignorent de qui il s’agit.

Quels films du projet le « Canada à l’écran »suscitent le plus votre enthousiasme?

Je travaille dans ce domaine depuis près de 40 ans, et tant d’œuvres me passionnent! Il y a « Goin’ Down the Road », qui est le premier film canadien que j’ai vu en « sachant » que c’était un film canadien, et cela va jusqu’à « Pour la suite du monde », un documentaire de Pierre Perrault et de Michel Brault sur l’histoire du cinéma documentaire. « Wavelength », de Michael Snow, est une œuvre révolutionnaire à laquelle on fait constamment référence, puisqu’elle est considérée comme l’une des plus importantes dans l’histoire du cinéma expérimental. C’est formidable pour les modestes Canadiens que nous sommes. Ces gens étaient à l’avant-garde du cinéma. Ces films sont la pierre angulaire de ma propre identité canadienne et de ce que cela signifie pour moi de vivre dans ce pays.

Piers Handling, photo : George Pimentel.

Directeur et PDG du TIFF, Piers Handling.

Au-delà de 2017, qu’espérez-vous que les Canadiens retiennent du projet le « Canada à l’écran »?

Dans l’immédiat, je pense que beaucoup de gens voient notre pays comme un chef de file, un pays où l’on se sent en sécurité, un modèle de bien des façons. Le Canada n’a encore jamais établi une liste des 150 œuvres cinématographiques incontournables. C’est un début : dresser cette liste et numériser ces œuvres afin qu’elles soient mises à la disposition des Canadiens, pour qu’ils connaissent leur patrimoine. Les Canadiens devraient avoir accès à l’incroyable diversité qui caractérise ce que nous sommes en tant que pays.

Le gouvernement du Canada et la RBC sont les partenaires principaux du projet le « Canada à l’écran ».

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